Les pleurs et les colères des bébés

L’importance du contact affectif et physique entre les enfants et les personnes qui s’en occupent est primordial pour le développement d’un enfant. Cet intérêt pour l’enfant doit se manifester par une écoute à tout niveau : physique (alimentation, propreté), psychique (écoute active des pleurs et des cris), affective (contacts chaleureux, câlins et bisous). De plus, pour rassurer l’enfant, l’adulte doit être cohérent avec lui-même et avec son entourage (réfléchir activement à exprimer ce que l’on fait et faire ce que l’on dit ou promet).

Issu de mon expérience, je sais que, dans les crèches, le plus souvent, on ne veille pas toujours à donner à tous les enfants l’affection dont ils ont besoin, sous le prétexte qu’ils doivent apprendre à être indépendants et que le personnel qui s’en occupe ne doit pas s’y attacher affectivement sous peine de souffrir au moment de leur départ. Un enfant qui pleure peut être facilement qualifié de ‘’geignard’’ ou ‘’ pleureur’’. Quand les besoins fondamentaux sont remplis (couche propre, faim rassasiée, pas de coliques, …), souvent, on ne cherche pas plus loin et on le couche en pensant que c’est du caprice et qu’il va finir par s’endormir. Oui, il va s’endormir mais quels dégâts aura-t-on fait à ne pas avoir écouté ses pleurs. Comme le dit René Arpad Spitz (1887-1974), cela peut à l’extrême engendrer des retards intellectuels et/ou physiques.

J’ai constaté qu’un enfant qui arrive triste pour quelque raison que ce soit, à la crèche, sans qu’on n’écoute ses émotions, pourra soit se mettre en colère, soit entrer dans une apathie vis-à-vis de ce qui se passe autour de lui. Bowlby (1907-1990), psychanalyste bien connu en parle dans sa théorie sur l’attachement. On lui mettra alors l’étiquette d’enfant bien sage et quelques années plus tard, on s’étonnera de son comportement : il n’aura que peu d’estime pour lui-même, il ne pourra plus se motiver pour quelque chose ou il se donnera un air blasé, résigné ou alors suivant son tempérament, il pourra exploser et envoyer tout balader d’un coup.

Il y a 30 ans, j’ai suivi une formation sur l’écoute des pleurs et les colères des bébés et je l’ai mise en pratique à la crèche. J’ai vu des enfants se transformer au fur et à mesure des jours d’écoute et s’ouvrir comme une fleur. J’ai ainsi établi des relations chaleureuses avec les enfants. J’ai enseigné cette méthode à toutes les puéricultrices que nous avons eues à la crèche et à toutes les auxiliaires de puériculture avec qui j’ai travaillé que ce soit en France ou en Belgique. Elles ont toutes pu témoigner du bienfait de cette méthode.

Six ans plus tard, j’ai découvert le livre l’Aletha Solter « Les Pleurs et les Colères des bébés et des Enfants » (Editions Jouvence, 1999). J’ai offert ce livre en cadeau de naissance à toutes les femmes enceintes que je côtoyais.

Plus tard à l’université, j’ai pu présenter ma méthode, appuyée par le livre, au cours de psychologie sociale. J’ai été félicitée par le prof et mes collègues m’ont posé beaucoup de questions afin de le mettre en pratique dans leurs crèches et écoles maternelles. A la crèche où j’étais chef d’établissement dans l’Ile de St Martin dans les Antilles Françaises, près de 300 enfants ont ainsi bénéficié de cette écoute.

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