Culpabilité : NON ! Responsabilité : OUI !

Nous avons des difficultés à remplacer le sentiment de culpabilité chez nos enfants et petits-enfants par une responsabilisation.

Quand je dis à un enfant sans explication :

  • « Ne fais pas cela, arrête. », je lui fais respecter une règle (la mienne).

Mon interpellation engendre souvent un sentiment de culpabilité. Certains disent que ce sentiment de culpabilité est éducatif. Personnellement, je pense que ce genre d’interpellation ne le conduit qu’à se nier lui-même et, de ce fait, si l’enfant a de la personnalité, il ne peut que rejeter ce que je lui dis.
Par contre, si je lui dis : « Que fais-tu là ? Te rends-tu compte des conséquences de ce que tu as fait ? », là, je le responsabilise. Je lui apprends à voir plus loin que son acte et à y réfléchir avant.

En effet, une bonne éducation commence par un apprentissage du respect des règles et des limites à ne pas franchir. L’enfant se rend compte que les envies et besoins des autres ne sont pas les mêmes que les siens et comme tout être humain, il essaie d’imposer ses propres envies et besoins. C’est ainsi qu’il peut piquer des colères disproportionnées par rapport aux événements et aux actes de son environnement. Il se retrouve coincé entre l’envie de satisfaire ses besoins et l’impossibilité de le faire.  C’est donc une véritable frustration qu’il doit apprendre à gérer et c’est de là que peut naître un sentiment de culpabilité que l’on peut augmenter et/ou entretenir en croyant bien faire.

Donc les règles expliquées clairement et tenues fermement avec une grande écoute de ce qu’il vit de difficile, vont l’aider à gérer ces frustrations.

En pratique, quand je demande un service à un enfant, j’essaie de dire :

  • « Tu faisais ceci ou cela, je sais que je te dérange et cela est difficile pour toi d’être interrompu. Je n’ai pas compris que tu avais entendu ma demande car tu ne m’as rien répondu. Si le moment est mal choisi pour toi, nous pouvons en parler et voir quel sera le moment idéal pour nous deux. »

Et alors je négocie avec lui du moment adéquat pour moi et pour lui.
De cette manière, l’enfant se sent respecté dans l’énervement qu’il a éprouvé, je me sens respectée dans ma demande et je lui apprends la négociation.

Si je mets cela en place régulièrement, quand il y aura une urgence, l’enfant entendra mon urgence et fera de suite ce que je lui demande sans poser de question mais je devrai veiller à ne pas oublier de lui donner les explications de l’urgence de ma demande quand elle sera passée.

J’apprends ainsi que la colère ou l’énervement que l’enfant éprouve est normal, qu’il a le droit de l’exprimer mais que ce sont les gestes (tapes, coups, injures, casse, …) accompagnants cette expression qui sont parfois à refuser. Il apprend ainsi à gérer ses énervements et à les exprimer correctement. Je peux entendre ses sentiments et lui apprendre à les exprimer de façon claire et acceptable pour moi.

Et tout cela ne change rien à notre amour mutuel !

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