D’où vient le tout vouloir tout de suite et sans effort de nos ados ?

Vers 6 mois, un bébé commence à avoir un peu de force dans le dos. Et un parent est légitimement très fier que son enfant puisse se tenir assis quand il/elle le place dans cette position mais attention : le dos de l’enfant n’est pas encore prêt et comment le savoir ?

Un enfant est prêt à se tenir assis quand il sait se mettre tout seul assis.
Il est important qu’il vive sa frustration du fait que l’adulte ne le mette pas en position assise car c’est cette frustration qui va faire qu’il va se bouger pour y arriver. Il en va de même dans la vie, quand nous voulons quelque chose, nous pouvons nous en donner les moyens.

Il va faire, dans son corps, cet apprentissage : il faut faire des efforts pour avoir ce que l’on veut et c’est leur apprendre à devenir autonome que de leur apprendre à vivre leur frustration jusqu’au bout en fournissant alors l’effort pour en sortir tout seul et pas en ayant continuellement une aide extérieure à soi-même. Nous, parents, ne serons pas toujours présents pour nos enfants surtout quand ils vont grandir et si nous ne leur avons pas appris à grandir en allant au-delà de leurs frustrations, ils resteront et rechercheront le plus souvent une dépendance par rapport à l’un ou à l’autre.

Il est donc important, pour un bébé, de toujours le poser ‘’couché’’ sur sa surface de jeu même si cela le fâche et de lui verbaliser clairement :

  • « J’entends bien que tu es fâché que je te pose ‘’couché’’ mais fais ton effort tout seul si tu ne veux pas rester couché. Je suis là et je t’encourage à essayer. »

Nous pouvons donner un petit coup de pouce au début pour montrer le mouvement à l’enfant mais cela ne doit pas être continuel et il faut veiller à ce que cela ne devienne pas une habitude. Vous allez voir que, quand on commence à balancer l’enfant comme sur l’image, automatiquement, l’enfant va étendre les jambes.

Cette attitude de le mettre assis alors que son corps n’est pas encore assez fort, conduit les enfants à faire dans le futur des actions pour lesquelles ils ne sont pas prêts. Cela leur inculque aussi la notion qu’ils peuvent sans effort avoir ce qu’ils veulent. Ils croient pouvoir monter un escalier sans monter la plupart des marches sans risque de dégringoler et de revenir à son point de départ avec des plaies et bosses. C’est avec une telle attitude que l’on se retrouve avec des ados qui veulent tout de suite avoir tout et sans effort. Leur impatience est de la responsabilité de ce que nous, éducateurs, avons mis en place dans leur enfance.

Restons donc vigilants. Si cet apprentissage de l’effort pour avoir ce que nous voulons, se fait dans la toute petite enfance ; à l’adolescence, cela ne sera plus qu’un rappel à faire si nécessaire.

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